La horde sauvage 1969 - Wild West Movies: le cinéma du far-west

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La horde sauvage 1969

La horde sauvage

Réalisateur : Sam Peckinpah
Acteurs : William Holden (Pike Bishop), Ernest Borgnine (Dutch Engstrom), Robert Ryan (Deke Thornton), Edmond O'Brien (Freddie Sykes), Warren Oates (Lyle Gorch), Jaime Sánchez (Angel), Ben Johnson (Tector Gorch), Emilio Fernández (le général Mapache), Fernando Wagner (le commandant Frederick Mohr), Strother Martin (Coffer), L.Q. Jones (T.C), Albert Dekker (Pat Harrigan), Bo Hopkins (Crazy Lee), Dub Taylor (le révérend Wainscoat), Paul Harper (Ross), Jorge Russek (le major Zamorra), Alfonso Arau (le lieutenant Herrera), Rayford Barnes (Buck), Bill Hart (Jess), Chano Urueta (Don José), Elsa Cárdenas (Elsa), Stephen Ferry (le sergent Mc Hale), Aurora Calvel (Aurora).
Scénario : Walon Green, Sam Peckinpah - D'après une histoire de Walon Green et Roy N. Sickner.
Photographie : Lucien Ballard - Panavision (anamorphique), 35 mm35, 2.35.1 (Technicolor, son Mono)
Musique : Jerry Fielding
Montage : Louis Lombardo
Costumes : James R. Silke
Producteurs : Phil Feldman et Roy N. Sickner
Sociétés de production : Warner Bros - Seven Arts
Budget : 6 000 000 $
Pays : États-Unis
Année : 1969
Genre : western
Durée : 2 Heures 32 minutes
Titre original : The Wild Bunch




Résumé du film


1913. Déguisés en soldats, Pike Bishop et sa bande de hors-la-loi cherchent à s'emparer de la paie des ouvriers du chemin de fer. Mais un piège leur est tendu par Deke Thornton, un ancien compagnon d'arme de Pike. Pour se refaire de leur coup raté, Pike et ses hommes s'allient alors avec un chef mexicain, Mapache, pour attaquer un convoi d'armes de l'armée américaine. Mais Deke est à leurs trousses ; il a 30 jours pour les rattraper et éviter ainsi de retourner en prison.



A propos du film


Troisième western de tous les temps (opinion qui n'engage que moi), La horde sauvage demeure à ce jour le plus grand film de son auteur et aussi, ce n'est pas négligeable, celui qui a rapporté le plus d'argent.
Or, ce grand succès public n'a pas eu - loin de là - le couronnement critique qu'il méritait. Certain n'y ont vu que roublardise et complaisance, d'autres - tout aussi mal inspirés - laideur et facticité. Les plus bornés ont comparé ce chef d'oeuvre au western-spaghetti (!), ce qui est à la fois exagéré et profondément malhonnête.
Il en reste cependant assez qui ont vu le film avec leurs yeux et qui ont su en déceler à la fois toutes les beautés et toute la profondeur.
En premier lieu, Sam Peckinpah parvient à redonner au western déjà moribond un nouveau souffle en substituant au héros traditionnel (invincible, noble et en pleine possession de sa force physique) des personnages plus âgés voire vieillissants au sein d'aventures apparemment classiques, que ces héros vivent sans aucune illusion. Seul le vernis demeure mais les masques intérieurs sont tombés depuis longtemps.
Le parti pris du cinéaste est évident d'emblée puisqu'il ne situe pas son film à la glorieuse époque de la conquête de l'Ouest, mais en 1913. La voiture a remplacé en partie le cheval et le six coups doit céder sa place à la mitrailleuse. Nous ne somme plus au temps des duels chevaleresques mais à celui de l'hécatombe.
Par ailleur, le manichéisme vole en éclats. Il n'y a plus d'ignobles traîtres ni de valeureux redresseur de torts. Tout ce beau monde s'étripe avec un bel allant, pour des motifs aussi douteux de part et d'autre.
A cet égard, le début de La horde sauvage est exemplaire. Nous sommes dans un petit village à la frontière mexicaine. Les militaires paradent en bon ordre pendant qu'une procession défile en égrenant des chants religieux. Puis, déjà, le film bascule: les cavaliers sont en fait des hors-la-loi venus là pour piller la gare. Mais leur attaque était annoncée et une bande rivale a été formée pour leur damner le pion. Durant la mêlée, les chefs de chaque groupe se reconnaissent car ce sont d'anciens amis.
Le chef des attaquants, Pike, s'aperçoit ensuite qu'il a été roulé et que le butin convoité n'existe pas. Avec ses hommes, il est donc obligé de gagner le Mexique pou y préparer d'autres coups et également un projet de vengeance. Mais dans le pays plongé dans la guerre civile, ils auront maille à partir avec d'autres malfrats tout aussi décidés qu'eux-mêmes.
Manifestement, le mérite de Peckinpah c'est ici d'avoir délaissé l'histoire par elle-même pour s'intérresser essentiellement à la violence paroxystique qui s'empare des protagonistes de l'aventure. Pour ce faire, les images magnifiques dûes au grand opérateur Lucien Ballard font merveille, mais c'est sur la table de montage que Peckinpah a assuré la meilleure part de son travail, décorticant la violence par le truchement du ralenti alors que ces moments d'horreur sont en fait des éclairs fulgurants. On a abusivement parlé de complaisance de la part du cinéaste dans sa vision de la violence. Je parlerai plutôt de fascination, fascination de l'acte de violence en lui-même plus que description systématique de massacres qui sont, par ailleurs, les plus éprouvants que l'on ait vu sur un écran.
Cela n'empêche nullement l'oeuvre d'être empreint d'une certaine aura romantique surtout au niveau des personnages dont nous avons parlé plus haut. Romantisme et désespoir vont d'ailleurs de pair ici et cette volonté forcenée des personnages à s'autodétruire, inconsciente ou délibérée, en fait de véritables héros.
Alors, arrivé à ce stade de l'analyse, devant la confondante perfection de la mise en scène, devant la richesse de personnages pourtant peu recommandables, devant une thématique aussi neuve, devant des images, qui au plus fort de l'horreur demeurent constamment belles, devant une interprétation tellement brillante que les acteurs s'effacent derrière leurs personnages (pourtant Holden, Borgnine, Ryan, Oates et O'Brien sont admirables), comment ne pas voir dans La horde sauvage non seulement un chef-d'oeuvre mais aussi et surtout l'un des plus grands films américains de son époque ?



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La horde sauvage (The wild bunch, 1969)
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Autour du film

Anecdotes autour du film

Parmi les acteurs fétiches de Sam Peckinpah figurent James Coburn, qui tourna à trois reprises dans Major Dundee, Pat Garrett et Billy le Kid et Croix de fer sous la direction du cinéaste, et Warren Oates qui s'illustra dans quatre de ses films : Coups de feu dans la sierra, Major Dundee, La Horde sauvage et Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia. Quant à L.Q. Jones, il jouera dans les 3 derniers films cités et dans Pat Garrett et Billy le Kid et Un nommé Cable Hogue. Il sera également au générique de Casino de Martin Scorsese, et de The Last Show de Robert Altman.


La Horde sauvage a reçu deux nominations à l'Oscar 1970 : Meilleure musique pour Jerry Fielding, Meilleure histoire et scénario pour Jerry Fielding, Sam Peckinpah et Roy N. Sickner. De plus, Lucien Ballard reçut le prix du meilleur directeur photo aux National Society of Film Critics Awards en 1970.


D'après le monteur, Lou Lombardo, la version originale contient 3643 coupes, ce qui était alors le plus grand nombre de coupes pour un film Technicolor. Certaines de ces coupes, subliminales, sont imperceptibles à l'oeil nu. Cette première version du film de Sam Peckinpah dure alors 2h31. Après des réactions trop passionnées, le montage est ramené à une version de 2h25. Peckinpah retire le troisième flashback consacré au meurtre de la femme mariée dont Pike était l'amant. Le film se retrouve ainsi distribué dans 300 salles sur le territoire américain, mais les entrées sont décevantes et les producteurs de la Warner procèdent à un nouveau montage (sans Sam Peckinpah, alors en vacances) qui ramène le film à une durée de 134 minutes. Ainsi, les copies en distribution se retrouvent souvent différentes les unes des autres. Les scènes de violence restèrent cependant identiques dans les différentes versions. En Europe, la version distribuée fut la version complète du film.


Peckinpah rentra en conflit permanent avec les producteurs pour le montage final de ses films (son Major Dundee avait déjà dû subir une coupe de 36mn, passant de 2h40 à 2h04).
La Horde sauvage sera restauré dans sa version originale, voulue par Sam Peckinpah, en 1995.


Les acteurs principaux avaient chacun sept costumes identiques. Tous ont été détruits pendant le tournage. 90000 cartouches à blanc ont été utilisées au cours de la bataille finale. Cette scène a nécessité 12 jours sur les 81 qu'a duré le tournage complet du film.


Le vol du train n'était pas dans le scénario. Toutes les scènes s'y rapportant ont été improvisées, sur une seule journée.
La dernière scène à être tournée fut l'explosion du pont sur la rivière Nazas (qui se substituait à l'occasion au Rio Bravo). Elle nécessita 5 cascadeurs (qui ont chacun perçu 2.000 $), six caméras (dont une perdue dans l'eau), une seule prise.


Le co-auteur de l'histoire (avec Walon Green) dont est tiré le scénario, Roy N. Sickner, dirige aussi l'équipe des cascades. Il a fondé l'Association des Cascadeurs de Hollywood.
Avant d'échoir à William Holden, le rôle de Pike Bishop fut proposé à Lee Marvin, Burt Lancaster, James Stewart, Charlton Heston, Gregory Peck, Sterling Hayden, Richard Boone et Robert Mitchum, qui ont tous refusé. Sur le tournage, Peckinpah et Holden se sont entendus à merveille, ce dernier rappelant à Peckinpah les attitudes de son père.
Ernest Borgnine boitait réellement pendant le tournage au Mexique. S'étant cassé la jambe pendant le tournage du Le Crime c'est notre business (1968) de Gordon Flemyng, où il tournait déjà aux cotés de Warren Oates), il devait porter un plâtre.


La Horde sauvage est la réponse du cinéma américain au western spaghetti. Sam Peckinpah a donné à son film une violence extrême et rarissime pour l'époque. "Je veux que le spectateur ressente de la manière la plus forte, la plus terrible possible, la violence cataclysmique, irresponsable qui peut s'emparer de l'homme", déclarait le cinéaste. "J'ai fait ce film parce que j'étais très en colère contre toute une mythologie hollywoodienne, contre une certaine manière de présenter les hors-la-loi, les criminels, contre un romantisme de la violence (...). C'est un film sur la mauvaise conscience de l'Amérique". Dans cette quatrième oeuvre, le cinéaste poursuit ainsi, d'une manière radicale, son attaque farouche des mythes traditionnels du western. Il est aussi une dénonciation implacable de la barbarie des hommes, tandis qu'au Vietnam la guerre fait rage.


Après Major Dundee (1965), Sam Peckinpah fut mis pendant trois ans à l'écart par les studios américains. Renvoyé du tournage du Le Kid de Cincinnati, dont il avait commencé le tournage en noir et blanc, il y rencontre néanmoins Steve McQueen. Ils tourneront plus tard plusieurs films ensemble. Le Kid de Cincinnati est finalement réalisé par Norman Jewison en 1965. Peckinpah écrit alors le scénario de Pancho Villa, mais il le vend à la Paramount. Le film sera finalement réalisé en 1968 par Buzz Kulik, avec Yul Brynner, Robert Mitchum et Charles Bronson, retrouvant un univers mexicain proche de celui de La Horde sauvage.


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