L'homme qui tua Liberty Valance - Wild West Movies: le cinéma du far-west

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L'homme qui tua Liberty Valance

L'Homme qui tua Liberty Valance



Réalisateur : John Ford
Acteurs : John Wayne (Tom Doniphon), James Stewart (Ransom Stoddard), Vera Miles (Alice/Hallie Stoddard), Lee Marvin (Liberty Valance), Edmond O'Brien (Dutton Peabody), Andy Devine (Marshall Link Appleyard), Ken Murray (Doc Willoughby), John Carradine (Cassius Starbuckle), Jeanette Nolan (Nora Ericson), John Qualen (Peter Ericson), Willis Bouchey (Jason Tully), Carleton Young (Maxwell Scott), Woody Strode (Pompey), Denver Pyle (Amos Carruthers), Strother Martin (Floyd), Lee Van Cleef (Reese, complice de Valance), Robert F. Simon (Jack/Handy Strong), O.Z. Whitehead (Herbert Carruthers), Paul Birch (le maire Winder), Shug Fisher (Kaintuck, le bègue), Earle Hodgins (Clute dumphries), Anna Lee (Mme prescott, la veuve), Ted Mapes (Highpockets, ami du bègue), Charles Seel (President, election council), Joseph Hoover, Robert Donner (non-crédité).
Scénario : James Warner Bellah, Willis Goldbeck - D'après l'histoire de Dorothy M. Johnson
Photographie : William H. Clothier - noir et blanc - 1,66:1 - 35 mm - mono
Musique : Cyril J. Mockridge
Direction artistique : Hal Pereira, Eddie Imazu
Décors : Darrell Silvera, Samuel M. Comer
Costumes : Edith Head
Production : Willis Goldbeck (Paramount Pictures)
Pays : États-Unis
Genre : western
Durée : 2 Heures 02 minutes
Année : 1961
Titre original : The Man Who Shot Liberty Valance




Résumé du film


Un homme politique reconnu, Ransom Stoddad (James Stewart), assiste à l'enterrement de son ami Tom Doniphon (John Wayne) avec sa femme (Vera Miles). C'est pour lui l'occasion de revenir avec un journaliste sur les moments importants de sa vie, notamment son arrivée dans l'Ouest, l'arrestation de sa diligence par le célèbre bandit Liberty Valance (Lee Marvin), sa volonté de se venger de celui-ci. Jadis, Doniphon était devenu son allié...



A propos du film


Soyons clairs dès le départ: L'homme qui tua Liberty Valance est le plus beau film de John Ford avec La charge héroïque, Les cheyennes, La prisonnière du désert et Le massacre de Fort Apache. C'est aussi à mon sens, l'un des dix meilleurs westerns de l'histoire du cinéma. Rien de moins. Il fallait le dire avant d'en énnoncer maintenant les raisons.
Le film de John Ford est essentiellement bâti autour d'un retour en arrière qui occupe la plus grande partie de l'oeuvre qui commence par les funérailles de Tom Doniphon, homme de l'Ouest rude et attaché aux valeurs traditionnelles de l'Amérique. Ransom Stoddart, homme politique très en vue et son épouse sont venus assister à ses funérailles. Stoddart devant le cerceuil de son ami, se laisse aller devant les journalistes à raconter l'histoire de "L'homme qui tua Liberty Valance".
Venu s'installer dans l'Ouest pour y devenir avocat, Stoddart et les passagers de la dilligence sont attaqués par des hors-la-loi dont le chef, Liberty Valance est une brute qui ne connaît que la force. Fort de sa position de juriste, Stoddart veut faire arrêter et juger Valance, ce qui provoque l'amusement de Tom Doniphon, cow-boy courageux craint par Valance. Cette situation conduit finalement à un affrontement direct entre Ransom et Liberty Valance au cours duquel le bandit est tué. Cet exploit subjugue Hallie, que Doniphon aimait mais sans oser le lui déclarer et elle épouse Stoddart, tandis que Doniphon sombre dans l'ivrognerie. Convaincu d'être un assassin, Stoddart s'apprête à renoncer à sa carrière politique lorsque Doniphon lui révèle que c'est lui qui, tapi dans l'ombre, a abattu Valance alors que Stoddart faisait feu en même temps. Rien ne s'oppose plus à ce que Ransom devienne un grand politicien tandis que Doniphon va mourir en solitaire.
Ce qui étonne en premier lieu dans le film de John Ford c'est son dépouillemenrt profond. Pas un plan, pas une image qui n'ait son utilité et que Ford filme sans aucune dentelle sur l'objectif. La sobriété se transforme ici en une rigueur formelle que l'on n'a rencontré avec autant d'évidence que dans La prisonnière du désert, Ford tournant toute son oeuvre en studio, éliminant tout ce qui pourrait ressembler à du superflu pour ne s'intérresser qu'aux personnages et à leur signification.
Ransom Stoddart est devenu un homme politique influent pour avoir débarrassé la région d'un odieux hors-la-loi, alors qu'en fait il n'est pas l'auteur de cet exploit. Il a donc bâti toute une carrière politique sur un mensonge ou, à tout le moins, sur une méprise qu'il s'est bien gardé de dénoncer. Et même, à la fin du récit qu'il fait aux journalistes, Stoddart s'entend répliquer que sa version des faits ne sera pas publiée car lorsque la légende est devenue un état de fait, c'est la légende qu'il faut diffuser. Et lorsque dans le train qui ramène Stoddart et son épouse à Washinghton, celle-ci lui demande s'il est heureux de ce qu'il a accompli, nous ssentons bien qu'effectivement Ransom est fier de son oeuvre, pourtant construite sur un mensonge, jusqu'à ce que, cependant, un contrôleur naïf et obséquieux vienne involontairement le lui rappeler en lui disant: "Rien n'est trop bon pour l'homme qui a tué Liberty Valance".
Tom Doniphon, lui aussi, a vu sa vie bouleversée par cette méprise mais dans le sens inverse. Cow-boy courageux, travailleur, honnête, il était amoureux de Hallie mais sa nature frustre lui empêchait de lui déclarer ouvertement son amour. Son geste, dicté par le courage et son amitié pour Stoddart, le privera à jamais de Hallie, sans que celle-ci n'en sache rien. Tombant dans l'ivrognerie pour tenter d'oublier, Doniphon incendiera son ranch avant de mourir en solitaire.
Ces deux personnages dominent assurément tout le film, par leurs motivations et les implications qu'ont et qu'auront leurs actes et leurs décisions sur leur existence mutuelle. Mais le bandit du titre, Liberty Valance, mérite que l'on s'y arrête un instant. Dans la gallerie des vilains dépeints par John Ford tout au long de son oeuvre, Liberty Valance est sans aucun doute le plus odieux. Il agressse les diligences, se montre grossier avec les dames, bafoue la liberté de la presse et, en règle générale, les libertés des autres. Vulgaire, brutal, ivrogne et sadique, Liberty Valance est la quintessence du méchant tel qu'on n'osait plus l'imaginer. Et c'est cet être répugnant que Ford, ironiquement ou non, prénomme "Liberty". Et le geste de Doniphon - le meurtre, comme il le dit lui-même avec lucidité - devient une oeuvre de salubrité publique.
On le voit , les personnages du film sont d'une richesse foisonnante. La mise en scène de John Ford ne l'est pas moins. Tirant parti d'un exceptionnel scénario de James Warner Bellah, l'auteur nous livre ici un vibrant témoignage de la force du western américain, sans omettre, au passage de nous émouvoir d'éclatante manière.
Un mot encore sur l'interprétation prodigieuse de John Wayne, James Stewart et Lee Marvin, en inquiétant tueur sanguinaire, qui concourrent à eux seuls à la chaleureuse humanité qui se dégage du film.



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Autour du film

Anecdotes autour du film


Lieux de tournage:
Californie, USA
Janss Conejo Ranch, Thousand Oaks, Californie, USA
Paramount Studios - 5555 Melrose Avenue, Hollywood, Los Angeles, Californie, USA


C'est Ward Bond, vieux copain de John Ford, qui devait jouer Liberty Valance. Il mourut avant le début du tournage, laissant son rôle à Lee Marvin.


Le précédent film de Ford était Les deux cavaliers avec Richard Widmark et James Stewart, qui devait retrouver l'auteur de La prisonnière du désert en 1962 pour “Flashing Spikes” (téléfilm inédit en France) et en 1964 pour Les Cheyennes, dans lequel il incarnait Wyatt Earp.


John Wayne incarna le général Sherman dans La conquête de l'ouest (1962, épisode réalisé par Ford) et retrouva Lee Marvin dans La taverne de l'Irlandais (1963), toujours sous la direction de Ford.


L’homme qui tua Liberty Valance nous montre des héros vieillissants et confronte la réalité à la légende. Selon lui, “quand la légende est plus belle que la réalité, on imprime la légende”. Un monde est en train de disparaître, laissant la place à celui qui va naître. La fin, amère et pessimiste, n'est pas sans annoncer celle de Frontière Chinoise, le dernier film de Ford.


Il s'agit du dernier film tourné en noir et blanc par John Ford.


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