L'homme des hautes plaines - Wild West Movies: le cinéma du far-west

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L'homme des hautes plaines

L'homme des hautes plaines

Réalisateur : Clint Eastwood
Acteurs : Clint Eastwood (Duncan/L'Étranger), Verna Bloom (Sarah Belding), Mariana Hill (Callie Travers), Billy Curtis (Mordechai), Mitch Ryan (Dave Drake), Jack Ging (Morgan Allen), Stefan Gierasch (le maire Jason Hobart), Ted Hartley (Lewis Belding), Walter Barnes (Shérif San Shaw), Geoffrey Lewis (Stacey Bridges, hors-la-loi), Dan Vadis (Dan Carlin), Scott Walker (Bill Borders, hors-la-loi), Anthony James (Cole Carlin, hors-la-loi), John Hillerman (le bottier), Reid Cruickshanks (l'armurier), William O'Connell (le barbier), Paul Brinegar (Lutie Naylor), Richard Bull (Asa Goodwin), Buddy Van Horn (Marshal Jim Duncan), Robert Donner (le prêcheur).
Scénario : Ernest Tidyman, Dean Riesner (non crédité)
Photographie : Bruce Surtees
Musique : Dee Barton
Direction artistique : Henry Bumstead
Montage : Ferris Webster
Décors : George Milo
Distributeur : États-Unis : Universal Pictures
                   France : Action Cinémas - Théâtre du Temple
Production : Robert Daley, Jennings Lang - The Malpaso Company
Pays : USA
Genre : Western
Année : 1972
Durée : 1 H 45
Titre original : High Plains Drifter




Résumé du film


En plein désert de l'Ouest sauvage, un étranger, tout de noir vêtu, arrive à Lago, un village terrorisé par des bandits. Rapidement attaqué lui-même, l'homme sans identité va bientôt affirmer sa présence en tuant trois assaillants alors qu'il est chez le barbier. En sortant, il se fait bousculer par Callie, elle l'insulte et l'homme sans nom l'emmène dans une grange et la viole. Impressionnés et terrifiés par le personnage, les habitants vont lui demander de tuer trois autres bandits, Stacey Bridges, Bill Borders et Cole Carlin qui ont juré de détruire la ville. Le shérif lui propose un crédit illimité pour mener à bien l'opération. Il se rend alors chez l'épicier, donne des bonbons à des enfants indiens, une pile de couverture à leur mère et une poignée de cigarillos pour lui. Puis il se rend chez le bottier et prend des bottes neuves et une selle neuve. Ensuite il va au saloon et offre une tournée générale et nomme Mordechai, le nain qui travaille chez le barbier, shérif de la ville. On apprend au cours du film, que l'ancien shérif a été tué par les bandits à coups de fouet...



A propos du film


Déjà réalisateur d'un très bon film de terreur intitulé Un frisson dans la nuit (1971), Clint Eastwood récidive avec une oeuvre dont rien cependant, dans son premier essai pourtant prometteur, ne pouvait laisser supposer la magnificence et l'absolue perfection.
Il s'agit donc d'un western, genre qu'Eastwood connaît bien puisque c'est dans ceux de Sergio Leone qu'il a connu la gloire. A ce propos, on n'a pas manqué de taxer le film d'Eastwood de "plagiat sans âme des westerns léoniens". Grave malentendu. En effet si Sergio Leone et Clint Eastwood possède en commun ce goût prononcé pour la technique et la violence crue, les oeuvres du metteur en scène transalpin, pour personnelles qu'elles soient, n'en restent pas moins des "westerns italiens", c'est-à-dire qu'elles ne possèdent pas cette authenticité véritable qui demeurera toujours l'apanage du western américain, c'est-à-dire du western tout court. Sergio Leone a utilisé le cadre, le moule voire la thémathique du western mais n'en a jamais restitué l'âme profonde. Ses films sont d'excellents spectacles fort habilement réalisés et qui reflètent - pour les meilleurs d'entre eux - la personnalité puissante de leur auteur mais qui ne font pas illusion dix minutes.
Le film d'Eastwood est américain d'un bout à l'autre. On y croit car l'esprit du western - même hyperviolent comme c'est le cas ici - anime l'oeuvre de Clint Eastwood.
Mais je crois qu'en ce qui concerne L'homme des hautes plaines il faut aller au-delà du genre. Eastwood parvient, en effet, à aller plus loin que le western, à le sublimer en quelque sorte. Je dirais qu'Eastwood a réussi avec L'homme des hautes plaines l'un des premiers western "fantastique", irréel, irrationnel et envoûtant. Ses personnages évoluent dans une sorte de cauchemar vécu, dans un univers démoniaque n'ayant rien à voir avec notre monde.
Avant d'aller plus avant, il est utile de préciser que ces remarques concernant le côté fantastique du film ne sont applicables qu'à la version originale. En effet, par triste goût et surtout par un mépris total d'un public jugé incapable d'apprécier un film tel qu'il a été voulu et concu par son auteur, les producteurs français ont gommé toute explication tendant à faire basculer le film dans le fantastique, genre que l'oeuvre peut cependant légitimement revendiquer. Il est bon alors de parler de la trame du film pour bien mettre les choses au point.
Un étranger venu d'on ne sait où arrive dans la petite ville de Lago, perdue dans le désert. Son comportement intrigue et inquiète les notables qui, pourtant, le charge de protéger la cité contre trois hors-la-loi récemment sortis de prison et bien décidés à se venger de la population de la bourgade qu'ils tiennent responsable de leur incarcération. En outre, quelques années auparavant, ces mêmes villageois avaient laissé torturer et mourir le shérif local par ces mêmes bandits. L'étranger accomplira sa mission non sans avoir mis la population devant sa propre lâcheté.
Si la version originale est explicite en ce qui concerne la véritable identité de l'étranger (il s'agit finalement du fantôme du shérif local assassiné qui revient au pays pour se venger à la fois des villageois et des hors-la-loi qui l'ont battu à mort), la version française reste bien muette su ce point, comme si nos distributeurs avaient craint que l'amalgame western-fantastique ne soit guère apprécié au pays de Descartes. Heureusement, la mise en scène de Clint Eastwood, au-delà de son atmosphère réellement fantastique, permet cependant à l'oeuvre de retrouver ça et là son origine première. En effet, cet étranger qui surgit de la brume et qui y disparaît sa vengeance accomplie est véritablement le double physique du shérif assassiné (ce que la version française explique stupidement et rapidement en une phrase "off" : "C'était mon frère") ce qui ne peut se concevoir que dans une optique résolument fantastique et non dans la mascarade explicative proposée à la sauvette par la version doublée.
Certes, à première vue, le scénario est on ne peut plus classique. Que l'on ne s'y trompe cependant pas, ses ramifications sont infinies et son traitement quasiment génial.
Clint Eastwood bâti son film comme un puzzle, disposant patiemment au fur et à mesure les pièces manquantes. Cela aurait pu donner quelque chose de platement factice et bourré de trucs. Bien au contraire, tout dans le film distille l'étrange et crée le bizarre. Pour la mise en scène proprement dite, Clint Eastwood joue à merveille de l'objectif, alternant les scènes relativement classiques avec de superbes envolées lyriques pleines de fureur et de vacarme, usant tel un vieux routier de la caméra du traveling pour nous donner des impressions de vertige, blackboulant les sacro-saints éclairages inhérents au western afin de renforcer son parti pris de déranger et d'inquiéter le spectateur, foulant aux pieds les cadrages qui "font bien" pour que le fantastique apparaisse derrières les colts et les caches-poussière. Et le fantastique purement formel de Clint Eastwood scintille comme une grosse émeraude en plein désert.
Non seulement Clint Eastwood a voulu faire "autre chose" dans un genre qui en a pourtant vu d'autres mais surtout il a accompli avec L'homme des hautes plaines un véritable chef d'oeuvre d'une beauté époustouflante et d'une maîtrise diabolique.



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L'homme des hautes plaines (High Plains Drifter, 1972)
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Anecdotes autour du film

Anecdotes autour du film

Genèse du film et tournage

Ernest Tidyman, qui a écrit le scénario, avait auparavant remporté un Oscar en 1971 pour French Connection. Le scénario est teinté d'allégories et d'humour noir influencé par l'influence de Sergio Leone.


Le tournage a duré six semaines et s'est terminé deux jours avant la date prévue. Le budget du film a également été moindre que ce que l'on avait prévu.


Il s'agit du deuxième film réalisé par Clint Eastwood, le premier étant Un frisson dans la nuit et de son premier Western.


Les pierres tombales du cimetière portent les noms des cinéastes Sergio Leone, Don Siegel et Brian G. Hutton. À ce sujet, Clint Eastwood déclara : "J'ai enterré mes réalisateurs."


Le décor de Lago a été construit sur les bords du lac Mono, à 300 miles de Hollywood, dans les Sierras de Californie. Une équipe d'une soixantaine de personnes a travaillé dix heures par jour pendant huit jours pour construire 14 maisons et un hôtel.


Après la sortie du film, Clint Eastwood a proposé à John Wayne de faire un western ensemble. Celui-ci lui a répondu dans une lettre que son film était trop violent et qu'il était trop révisionniste par rapport aux anciens westerns. Eastwood n'a pas répondu à ces critiques mais cela a mis un terme à un éventuel projet commun.

Distribution

On trouve dans ce film l'acteur Geoffrey Lewis qui tournera encore quatre fois avec Clint Eastwood (Doux, dur et dingue, Bronco Billy, Ca va cogner et Pink Cadillac). Richard Bull, qui joue le rôle du croque-mort, s'est fait plus tard connaître par celui de M. Oleson dans la série télévisée La Petite Maison dans la prairie.

Thèmes du film


Premier des quatre westerns qu'Eastwood réalisera, L'homme des hautes plaines rassemble tous les thèmes que le réalisateur développera dans ses œuvres, notamment celui de la vengeance, qui sera au cœur de Josey Wales hors la loi et d'Impitoyable. De même, son personnage de l'étranger préfigure celui du pasteur de Pale Rider. Ne pouvant pardonner la médiocrité et la veulerie des habitants, l'étranger va les forcer à repeindre leur ville en rouge et de la renommer "Hell" (enfer) et nomme comme maire et shérif leur souffre-douleur habituel, un nain. Toutes ces images et symboles confèrent au film une dimension à la fois crépusculaire et fantastique.

Énigme de la dernière scène

À la toute dernière scène, sans doute pour rationaliser le film, une phrase de dialogue a été modifiée sur certaines versions doublées (dont la version française), changeant ainsi totalement la conclusion du film (voire le sens de l'histoire). En effet, dans la version française quand l'Étranger quitte la ville, il croise Mordecai occupé à inscrire le nom de l'ancien shérif Duncan, sur sa pierre tombale. Mordecai lui dit qu'il n'a jamais su son nom, et l'Étranger lui répond "C'est celui que tu graves, celui de mon frère. Prends-en soin.". Dans la version originale, à la question du nain, l'Étranger répond juste "Si, tu le sais".


Box-Office


Le film totalise 7 100 000 dollars de recettes américaines et 8 000 000 au niveau mondial. En France, le film totalisera 795 099 entrées2. Le film est considéré par le Motion Pictures Guide comme un des meilleurs westerns des années 1970.

Tournage du film + Extrait en VF

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